Anna et son "vrai-faux" laissez-passer.

Anna et son "vrai-faux" laissez-passer.

A l'occasion de la sortie du film "La Rafle", une niçoise raconte comment en 1942 elle s'est évadée du Vel'd'hiv'.

Pour son film "La rafle", Rose Bosh s'est inspirée de différents témoignages. Ces histoires vraies, ces moments d'horreur qui ont fait basculer les vies de 13 000 juifs arrêtés les 16 et 17 juillet 1942. Parmi les vingt cinq survivants de cette rafle du Vel'd'Hiv', il y a Anna

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Anna Traube vit aujourd'hui à Nice, loin du monde et du bruit, dans un appartement paisible accompagnée de la douceur de ses deux chats.

Il lui a fallu soixante ans pour sortir de son enfermement et raconter son évasion.

Juillet 1942, Anna Traube a 20 ans et des rêves de jeune femme plein la tête. Une révolte aussi en elle. Chaque jour, elle cachait son étoile jaune pour pouvoir vivre normalement dans Paris occupé et notamment fréquenter le Paris Université Club - PUC où, elle la jeune athlète future dentiste excellait au "80 mètres".

Anna est arrêtée à son domicile le 16 juillet au matin. Par un jeu de passe-passe, elle permet à sa mère et à son frère de s’échapper. Son père est déjà en zone libre. Anna, sera conduite au Vélodrome d’Hiver. Pressentant une issue fatale, elle n’a qu’une idée en tête : s’enfuir et rejoindre ses proches.

Pendant cinq jours et cinq nuits, dans des conditions extrêmes de détention, la faim, la soif mais aussi les cris des 4 000 enfants parqués avec leurs parents ne la détourneront jamais de ses objectifs.

 

 

Grâce à une remarquable présence d’esprit et à la complicité silencieuse de quelques Français elle obtient un laissez-passer salvateur.

Obstinée, elle se fond dans Paris sans jamais courir, sans se faire remarquer, libre mais l’esprit hanté par ce qu’elle laisse derrière elle.

 

 

Le livre d'Anna Traube : « Evadée du Vél'd'Hiv' », collection Témoignages de la Shoah, 90 pages, 13,50 euros est disponible sur www.manuscrit.com

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