Ces inondations ont fait 23 morts, 2 disparus les 15 et 16 juin et touché plus de 266.000 personnes

Les pluies torrentielles qui ont frappé le Var, ont causé pour 1,054 milliard d'euros de dégâts, selon la préfecture du département. Ces inondations qui ont fait 23 morts et 2 disparus les 15 et 16 juin, ont touché plus de 266.000 personnes, de façon durable pour 60% d'entre elles, dans 44 communes dont 10 inondées, selon la même source.

 Vidéo

Les pluies torrentielles qui ont frappé le Var il y a un mois, ont causé pour 1,054 milliard d'euros de dégâts, selon un rapport rendu public par la préfecture du département.

Ces inondations qui ont fait 23 morts et deux disparus les 15 et 16 juin, ont touché plus de 266.000 personnes, de façon durable pour 60% d'entre elles, dans 44 communes dont 10 inondées, selon la même source.

 

 

Face à ces chiffres, le préfet du Var, Hugues Parant, a appelé les compagnies d'assurance, à prendre conscience de "la responsabilité qu'elles ont dans la reprise économique".

"Certaines jouent le jeu, comme une compagnie d'assurances allemande et une autre italienne", a-t-il déclaré, laissant entendre qu'il pourrait prochainement publier les noms de celles qui tardent à réagir.

Sur le milliard d'euros de dégâts, 875 millions concernent des biens assurables des particuliers, des entreprises et des collectivités, 179 millions des biens non assurables des collectivités. L'estimation totale sera complétée prochainement par l'évaluation des dégâts aux biens non assurés des particuliers et des entreprises.

Sans les rapports d'expertise et les lettres d'engagement, les entreprises sinistrées ne peuvent pas démarrer les travaux de réparation ni bénéficier des aides. Or, pour le préfet qui a dit "craindre un trou d'air dans les activités", "l'urgence absolue est la reprise économique".

 

 

Il a précisé que les mesures de chômage partiel engendrées par les inondations concernaient actuellement "1.364 salariés de 255 entreprises, soit plus de 186.000 heures, pour un coût prévisionnel de 715.000 euros en allocation spécifique et

de 558.000 euros en allocation complémentaire".

La mission d'aide aux populations a dénombré 270 familles (663 personnes) ayant signalé un besoin de relogement, dont 186 (455 personnes) à titre définitif et 62 (160 personnes) à titre temporaire. Les besoins se concentrent essentiellement sur Fréjus (101 familles) et Draguignan (83 familles).

Des aides d'urgence ont également été débloquées : 1.564 familles en ont bénéficié pour un montant de 472.125 euros.

 

 

Pour le logement, des solutions de transition ont été trouvées comme l'utilisation des installations du CREPS de Boulouris à Saint-Raphaël ou une cinquantaine de logements mis à disposition par la FNAIM.

Au niveau des équipements et des infrastructures, l'estimation des travaux se chiffre à 170 millions d'euros avec des priorités pour l'assainissement, le nettoyage des cours d'eau avant les pluies d'automne et le rétablissement de la circulation à Taradeau et Rebouillon (commune de Châteaudouble) où deux ponts ont été emportés par des rivières en crue.

La préfecture a également mobilisé une mission de "soutien financier aux collectivités locales et à leurs groupements" dont certaines "sont exsangues financièrement".

 

Bilan : 23 morts et 2 disparus :

Les pluies torrentielles tombées la semaine dernière dans le Var ont fait 23 morts et deux disparus, a annoncé hier le préfet du département, Hugues Parant, qui a également dressé un bilan des entreprises touchées par les intempéries.

"Ces chiffres sont donnés sous l'autorité judiciaire après identification des victimes", a expliqué M. Parant lors d'une conférence de presse.

Plus de 1.000 entreprises ont été touchées, a-t-il par ailleurs ajouté, soulignant que les dégâts étaient "partout au stade de l'évaluation".

 

 

M. Parant a annoncé la mise en place d'un dispositif spécial, baptisé Dracénie 2010, qui aura cinq missions principales : l'aide aux populations, le soutien aux activités économiques, les équipements et les infrastructures, le soutien aux collectivités territoriales et la communication.

Se félicitant du rétablissement quasi général des réseaux d'électricité, téléphoniques, d'eau potable, d'internet et des routes, il a insisté sur la nécessité d'assurer la sécurité des commerces.

"La sécurisation des zones commerciales se poursuit avec le maintien des forces de police et de gendarmerie, mais les entreprises doivent maintenant se sécuriser, c'est une priorité absolue", a-t-il dit, à l'issue d'une réunion mobilisant les services de l'Etat et les trois chambres consulaires.

Quant au ramassage des plus de 3.000 ovins victimes des flots et dont les cadavres se retrouvent jusque dans les arbres des massifs forestiers, il n'est pas encore terminé. "Quatre-vingt pour cent du travail a été fait", a souligné le préfet.

Il a annoncé la mise en place sous l'autorité de la sous-préfète de Draguignan, Corinne Orzechowski, d'un Centre de Commandement avancé pour gérer les actions

 

 

Opérationnelles, après les opérations de secours, de nettoyage et la phase d'assistance psychologique des populations, dont il a salué "la capacité de rebond".

"Nous lui donnerons, selon les besoins, tous les moyens du département, de la Région, de l'Etat et de l'Europe", s'est-il engagé.

Il a précisé que cinq communes (Trans-en-Provence, Le Muy, Taradeau, Roquebrune-sur-Argens, Les Arcs-sur-Argens) sont assistées par des officiers de l'armée pour les démarches administratives et techniques.

Il a également noté "l'urgence à s'occuper des agriculteurs", dont la plupart "ont tout perdu", selon le président de la Chambre d'agriculture, Alain Baccino.

Après la visite du président Nicolas Sarkozy "qui a tracé les lignes" en matière de zones inondables, urbanisme, plans de prévention, surveillance des cours d'eau, "des cellules locales, départementale, régionale et même à Paris vont "prendre le temps d'étudier les dispositions à prendre", selon le préfet qui a prévenu : "Rien ne peut plus être comme avant".

Autre préoccupation : l'image du Var et la peur de voir l'économie touristique s'effondrer. "Le Var est prêt à accueillir les touristes, mieux que jamais", a assuré le président de la Chambre de commerce et d'industrie, Jacques Bianchi, précisant que seulement "cinq campings avaient été touchés".

 

 

Selon le préfet, à l'international, des messages ont également été passés.

Les premières obsèques de victimes ont eu lieu mardi à Draguignan. Avec émotion, plusieurs centaines de personnes, parmi lesquels les instances régionales du cyclisme, ont assisté à l'office religieux en mémoire de Jean-Pierre Barbeau, 71 ans, ancien président du Vélo-Club dracénois.

 

Le gouvernement "met tout en oeuvre" ( Brice Hortefeux) :

Le ministre de l'Intérieur, Brice Hortefeux, a assuré à l'Assemblée nationale que le gouvernement "met tout en oeuvre" pour aider les victimes des inondations.

"Le gouvernement met tout en oeuvre pour aider à la fois les collectivités et les populations à l'indispensable reconstruction", a affirmé le ministre, qui répondait à Jean-Michel Couve (UMP, Var) lors de la séance des questions au gouvernement.

Après avoir souligné la "grande mobilisation de l'Etat et des collectivités locales" face à ces intempéries qui ont mobilisé "1.600 pompiers, 16 hélicoptères, 370 policiers et gendarmes" a-t-il rappelé, le ministre de l'Intérieur a énuméré les "mesures très concrètes" qui ont été prises, selon lui.

Il y a eu le "déblocage de 2 millions d'euros de crédits d'extrême urgence, (dont) 98 familles en ont d'ores et déjà bénéficié, et 200 dossiers sont actuellement en cours d'instruction", a souligné M. Hortefeux.

 

 

Il y a eu en outre la publication "ce matin (mardi) même de l'état de reconnaissance de catastrophe naturelle pour les communes des neufs cantons les plus sinistrés, d'autres communes doivent être concernées et des instructions ont été données pour que cela se fasse le plus rapidement possible", a-t-il ajouté.

Enfin, a relevé le ministre de l'Intérieur, "les délais de déclaration de sinistre auprès des assurances ont été allongés et des allègements de charges sociales et fiscales seront attribuées aux entreprises sinistrées".

 

Carte des zones inconstructibles: "d'abord un choix politique" :

Tracer une nouvelle carte des zones dangereuses en France où toute nouvelle construction sera interdite est "d'abord un choix politique", souligne le climatologue Stéphane Hallegatte.

"Il ne faut pas donner l'impression que les scientifiques seuls feront ce travail", met en garde cet ingénieur du Centre international de recherche sur l'environnement et le développement (Cired).

 

 

Q: Le gouvernement a annoncé son intention d'établir une nouvelle cartographie des zones très dangereuses" en France d'ici 2011 en prenant en particulier en compte le changement climatique. Est-ce réaliste ?

R: Il faut garder à l'esprit que faire ces cartes de risques est quelque chose de très difficile. On parle d'événements qui sont extrêmes, rares, et qu'on ne connaît donc pas très bien. Quand on rajoute le changement climatique là-dedans, la complexité explose.

On ne peut pas définir une zone inondable en imaginant qu'en faisant quatre pas, on en sorte. L'endroit où l'on trace cette ligne dépend du niveau de risque que l'on est prêt à accepter. L'information scientifique est nécessaire mais il ne faut pas donner l'impression que les scientifiques seuls vont pouvoir faire ce travail là. Cela demande des choix politiques et de la concertation. La façon dont cela a été fait avec les zones noires dans le cadre de Xynthia - très vite, à partir d'un point de vue d'experts, sans concertation - le montre bien.

 

 

Q: Est-on capables aujourd'hui de tracer une carte précise des risques liés au changement climatique - que ce soit en bord de mer ou près des fleuves - à l'échelle d'une région française ?

R : Sur les zones côtières, on sait qu'à l'horizon 2100 il va y avoir une montée du niveau de la mer. Le chiffre d'un mètre de hausse, parfois évoqué, est considéré comme un scénario pessimiste. Sur les côtes ouest de la France, des travaux sont en cours sur les zones jugées sûres aujourd'hui et qui pourraient devenir à risque à l'avenir.

Mais, au total, sur la montée du niveau de la mer, c'est plutôt plus simple que sur des événements comme ceux du Var.

Aujourd'hui, il n'y a pas de consensus des modèles pour dire que les précipitations extrêmes vont augmenter dans la zone (sud de la France), même si la tendance est plutôt vers une augmentation. Evaluer les zones qui peuvent être touchées par des crues éclairs demande des travaux extrêmement détaillés, lourds et coûteux.

 

 

Q: Cela signifie-t-il qu'il est impossible d'intégrer le changement climatique dans ces cartes de risque ?

R: Non, ce n'est pas parce que nous n'avons pas tous les outils que nous sommes complètement paralysés. Pour les décisions que l'on prend sur l'urbanisme aujourd'hui - et on prend beaucoup dans le sud de la France - on a besoin d'une perspective de long terme. La prise en compte du changement climatique est donc une priorité.

(propos recueillis par Jérôme Cartillier).

 

Trois nouveaux radars en PACA pour des alertes météo plus fines :

Météo France va améliorer la précision de ses dispositifs de surveillance en Provence-Alpes-Côte d'Azur en y déployant trois nouveaux radars d'observation d'ici 2013, a affirmé Jean-Marie Carrière, responsable des services de prévision de Météo France.

Ces trois radars, qui utiliseront une technologie adaptée à l'observation en zone montagneuse, permettront de mesurer plus finement les précipitations touchant une zone géographique et d'avertir en conséquence les communes concernées.

 

 

De manière générale Météo France va s'efforcer de "développer des systèmes d'avertissement à l'échelle infra-départementale", en complément du système actuel de vigilance départemental, conformément à la demande formulée lundi par le président de la République Nicolas Sarkozy après les inondations qui ont endeuillé le Var.

"En complément du niveau de vigilance départemental, l'objectif est de pouvoir dire à chaque maire, +vous êtes en train d'avoir des précipitations exceptionnelles, il faut faire spécialement attention dans votre commune+", a expliqué M. Carrière.

 

 

Ces avertissements, fondés sur le constat de pluies particulièrement abondantes, ne pourront être donnés longtemps avant la survenance d'une éventuelle inondation, s'agissant de phénomènes souvent très "brutaux", mais permettront d'"espérer gagner quelques heures", a-t-il précisé.

"On peut comprendre que les maires aient besoin de savoir s'ils sont particulièrement concernés, lorsqu'il y a un niveau d'alerte orange", a observé M. Carrière. "Mais à 24 heures d'échéance, on est condamné à l'échelle départementale", a-t-il souligné.

 

Prison de Draguignan: les personnels obtiennent un maintien de l'activité (syndicats) :

Les personnels de la prison de Draguignan (Var), qui craignaient une mutation, ont annoncé avoir abouti à un accord avec la direction sur un maintien de leur activité, notamment dans des fonctions de nettoyage de l'établissement.

La direction de l'Administration pénitentiaire, contactée par l'AFP, n'a pas souhaité communiquer sur ce sujet, "les décisions définitives n'étant pas encore arrêtées".

Selon l'intersyndicale (FO, UFAP, CFDT, CGT) des personnels de la prison, inondée par les intempéries du 15 juin et évacuée le lendemain, un accord est intervenu lundi soir avec la direction de l'administration pénitentiaire.

 

 

Selon un communiqué du porte-parole de l'intersyndicale, Philippe Abime, secrétaire local FO, la direction interrégionale "a promis le maintien de l'activité" du Centre pénitentiaire et la reprise de la maison d'arrêt des femmes d'ici un mois et demi.

Selon lui, dans les six mois devrait suivre l'accueil des prévenus dans le centre de détention hommes (maison d'arrêt). Le communiqué précise que dans "ce laps de temps les agents seront employés au nettoyage et à la garde des murs et effectueront des missions de soutien sur des établissements de la région".

Selon les organisations syndicales, "les demandes de mutations seront favorisées mais non imposées".

Se disant satisfaites, elles ont décidé de cesser toutes actions.

Le 16 juin, au lendemain des intempéries, l'ensemble des détenus (environ 450) avaient été évacués vers d'autres établissements de la région.

Il était depuis question de muter les personnels à partir du 15 juillet, selon les syndicats, mais le directeur régional adjoint de l'administration pénitentiaire, Pierre Raffin, avait affirmé dimanche qu'il n'y avait "rien d'arrêté".

La prison compte en personnel près de 230 personnes auxquels s'ajoutent les vacataires (éducation nationale, médecins, infirmiers). Mise en service en 1984, elle dispose de quatre quartiers: la maison d'arrêt des hommes, des femmes, le centre de détention et le quartier de fins de peine.

 

 

Appel à la générosité du public :

Pour faire face aux conséquences de cette situation catastrophique et couvrir les besoins nécessaires dans l'immédiat et le futur, de nombreux organismes font appel à la générosité du public. Pour vous mobiliser voici quelques contacts :

 

  •  Croix-Rouge française "Intempéries Var" 75678 Paris Cedex 14.

 

 

 

 

  • Conseil général du Var : Les propositions de dons et de soutien peuvent être adressées par mail à l'adresse suivante : solidariteauxsinistres@cg83.fr Les dons financiers peuvent être adressés à : Conseil Général du Var 390 avenue des Lices 83076 Toulon cedex ( Les chèques doivent être libellés à l'ordre du Trésor Public.)

 

Solidarité organisée par la Communauté d'Aggomération dracénoise :

 

Pour faire un don ou pour obtenir du mobilier et de l'électroménager : Contacter Entraide Dracénoise 04 94 67 28 73 - 46, rue Lombard - Draguignan.

 

Faire un don ou obtenir une aide alimentaire (uniquement produits secs) et vestimentaire à Draguignan :

  • Croix Rouge - Devant l’Hôtel de ville de Draguignan
  • Secours populaire - 12 avenue Patrick Rosso (Tous les jours sauf week-end de 9h à 12h et de 14h à 18h)
  • Saint Vincent de Paul - 15 rue de l’observance
  • Secours Catholique - Maison des oeuvres – Le Clous 2 Avenue du 4 septembre
  • Centre social et culturel - 296, Bd Marcel Pagnol - 04 94 68 71 15

 

Vous pouvez donner :

 

- De la nourriture, surtout des produits frais, produits d’hygiène et bébé ou des vêtements - Merci de l’apporter directement aux associations nommées durant leurs heures de permanence.

- Pour du mobilier : contacter le Centre social qui coordonnera ceux qui veulent donner et ceux qui ont des besoins précis (04 94 68 02 12)

- Vous avez un hébergement à offrir avec repas, merci de contacter la Cellule de crise du Conseil Général 83 : 04 94 50 24 76

 

 

 

cliquez ici